Fort de Vaujours (CEA) : vers un risque sanitaire majeur ?

Le site du "Fort de Vaujours" (ex CEA), bien connu des courtrysiennes et des courtrysiens, surplombe notre ville et ses habitants. Ce site a une riche histoire qui n'est potentiellement pas sans impact sur l'environnement et la santé publique. Les risques encourus sont actuellement renforcés par des projets irresponsables au vu des caractéristiques du site. Une prise de conscience et une réaction citoyenne s'imposent.

SITUATION DU SITE A CE JOUR (NOVEMBRE 2013)

Le fort de Vaujours, situé majoritairement sur le territoire communal de Courtry, est un des forts construits à la fin du 19ème siècle afin de défendre Paris. Le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) a utilisé le fort de 1955 à 1997 afin de réaliser des expérimentations dans les technologies du nucléaire et notamment des tirs à l'uranium en puits, dans des casemates et même à l'air libre.

D'après le recoupement de plusieurs sources d'informations (CRIIRAD, associations, rapports, témoignages…) le site présente les caractéristiques suivantes :

  • Une contamination résiduelle en matières uranifères (Uranium 238 entre autres). Cette contamination a été confirmée en 2001 par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité) et par le CEA lui-même qui a reconnu que certains ouvrages contaminés avaient été noyés dans le béton compte tenu de l’impossibilité de les décontaminer. De nouvelles mesures ont été effectuées en mai 2011 et ont confirmé de la radioactivité sur le site ;
  • La présence d’explosifs en subsurface ;
  • Une pollution aux métaux lourds (Arsenic, Cuivre, Plomb, Tungstène, Zirconium,…) ;
  • Des pollutions chimiques (Dioxine, PCB,...) ;
  • La présence immédiate d'amiante (suite au pillage sauvage du site à partir de 2007) ;
  • Des puisards qui peuvent être contaminés en profondeur suite au déversement d'eaux potentiellement contaminées.

A partir de 1997, le site n’a été que partiellement analysé et cela avec des méthodes ne permettant pas une analyse au-delà de quelques centimètres sous la surface. Des opérations de dépollution ont eu lieu en 2002, mais celles-ci ont été extrêmement partielles et limitées au regard de l'histoire du site et de la complexité à établir un véritable état de lieux de la situation et des risques. En effet, toutes les zones contaminées ne peuvent avoir été détectées dans le cadre des campagnes de mesure conduites par le CEA, SUBATECH ou la CRIIRAD.

LES PROJETS IMMINENTS SUR LE SITE

Depuis 2010, le site est la propriété de PLACOPLATRE et de la COMMUNAUTE D'AGGLOMERATION MARNE ET CHANTEREINE.

  • Placoplatre désire exploiter le gypse et réaliser une carrière à ciel ouvert. Cela signifie le déplacement sur plusieurs dizaines d'hectares et sur 20 mètres d’épaisseur des couches de terres et des strates géologiques supérieures du site (soit plusieurs millions de mètres cube de terre), puis l’éclatement des masses de gypses avec des explosifs.
  • La Communauté d'Agglomération Marne et Chantereine désire réaliser une zone d’activités. Cela signifie des travaux pour construire des bâtiments et ensuite une présence humaine prolongée sur une zone très probablement contaminée et à proximité immédiate d’une carrière à ciel ouvert sur des sols très probablement contaminés.

Le 04 avril 2013, le conseil municipal de la ville de Courtry a voté, à l'unanimité, une prescription de révision de son Plan Local d'Urbanisme (PLU) permettant la mise en œuvre « du projet d’exploitation de la ressource en gypse par la société Placoplâtre sur le site du Fort de Vaujours ainsi que  le projet de reconversion et de réhabilitation du solde des emprises par la Communauté d'Agglomération Marne et Chantereine ».

LES RISQUES SANITAIRES

§  Contamination des populations par l’inhalation de poussières radioactives et d’expositions externes.

§  Contamination des travailleurs par l’inhalation de poussières radioactives et d’expositions externes.

§  Risques additionnels pour les populations et les travailleurs liés aux explosifs et autres pollutions hautement toxiques qui ont souillé les sols du Fort de Vaujours.

A ces risques s'ajoutent de probables désagréments liés, notamment, à l'augmentation du trafic routier (circulation des camions…).

NOS PRECONISATIONS

La simple présence de ce site sur le territoire communal est en soi un risque sanitaire majeur. Les projets en cours, lourds d'enjeux financiers, industriels et politiques, viennent aggraver les risques. Tout ce qui entoure ce site et les risques inhérents est le plus souvent nébuleux. Chacun est invité à croire les versions qui arrangent les uns et les autres ou à faire l'autruche.
Aussi, nous demandons expressément et solennellement, au nom de la santé de tous les habitants de Courtry et des environs, à ce que toute la lumière soit faite sur ce site et à ce que toutes les mesures de précaution soient prises par les pouvoirs publics :

  • annulation immédiate de la prescription de révision du PLU et de tout projet sur le site,
  • mise en œuvre, sous couvert d'organismes indépendants compétents et reconnus,  de toutes les études nécessaires afin d'identifier clairement et pleinement les risques liés à ce site (en l'état et dans le cadre d'une éventuelle exploitation),
  • communication étape par étape de tous les éléments liés à ce dossier, dont une première réunion publique urgente qui permettra à la population de s'informer et de s'exprimer.